*AS ZAM : LE RÊVE AFRICAIN BRISÉ PAR UNE IMPITOYABLE RÉALITÉ*
Il y avait quelque chose de brutal, presque cruel, dans la soirée de ce 5 septembre au Stade Général Seyni Kountché. Pour sa première expérience continentale, *l’AS ZAM* a subi une lourde défaite (0-5) face à *l’ASKO de Kara,* dans le premier tour préliminaire de la Coupe de la Confédération africaine de Football. Un score lourd, choquant, révoltant même, mais qui, au regard des circonstances, n’est malheureusement pas totalement surprenant. Car derrière cette déroute se dessine une réalité beaucoup plus profonde : *celle d’un club qui, après avoir écrit l’une des plus belles pages de son histoire lors de la saison 2025-2026, a été progressivement dépouillé de l’essentiel de ses forces vives, au point de se présenter sur la scène africaine avec une équipe profondément amoindrie.*
Il faut pourtant rendre justice à cette équipe de l’AS ZAM. Malgré son état de fragilité, malgré une préparation manifestement insuffisante et un effectif largement remanié, elle a résisté plus d’une mi-temps à une formation togolaise nettement supérieure dans tous les compartiments du jeu. Pendant 55 minutes, les hommes de *Harouna Hamidou* ont réussi à contenir les assauts de l’ASKO, faisant preuve d’abnégation et de courage. Mais lorsque les jambes ont commencé à céder et que l’organisation défensive s’est fissurée, la différence de préparation, de rythme et d’expérience internationale est devenue abyssale. En l’espace de quelques minutes, le scénario a basculé : *Claude Klidje, le numéro 11, a signé un doublé aux 57e et 68e minutes, avant que Gueo Kader, numéro 5, ne porte le score à 3-0 à la 77e minute.*
La suite fut une véritable déferlante. Marius Akpao, numéro 2, a inscrit le quatrième but, avant que Souleymane Coulibaly, numéro 19, ne parachève le naufrage avec le cinquième. Cinq buts encaissés, aucun inscrit, mais surtout une seconde période qui révèle l’immense fossé séparant aujourd’hui l’AS ZAM d’une équipe rodée aux exigences du football continental. Le staff technique a reconnu les difficultés liées à la préparation et au renouvellement de l’effectif, tandis que les choix opérés en cours de match n’ont pas permis d’enrayer la mécanique togolaise. Il serait toutefois injuste de faire porter à l’entraîneur seul la responsabilité de cette débâcle : *lorsqu’un club arrive à une compétition africaine après avoir perdu une grande partie de ses cadres, le problème dépasse largement les limites du banc de touche.*
Car c’est précisément ici que se trouve le véritable sujet de cette défaite. *L’AS ZAM n’a pas perdu sa représentativité sur le terrain : elle l’a gagnée.* Sa qualification pour la Coupe de la Confédération est le fruit d’une saison historique, ponctuée par une finale de Coupe nationale et une présence dans le Top 10 de la Super Ligue, pour la première saison du club dans l’élite. Mais à peine cette performance accomplie, le club a été frappé par une véritable razzia sportive : départs de joueurs majeurs, affaiblissement du banc technique, perte de cadres qui avaient construit cette dynamique exceptionnelle. Face à cette hémorragie, la direction du club semble n’avoir ni anticipé suffisamment les départs, ni mesuré le prix sportif d’un tel démantèlement. Or, participer à une compétition africaine ne peut pas être une simple récompense administrative : c’est un rendez-vous qui exige anticipation, ambition, stabilité et moyens.
Cette déroute doit donc provoquer une véritable introspection au sein de l’AS ZAM. Il ne s’agit ni de condamner un club qui découvre l’Afrique, ni d’effacer le mérite d’une génération qui a porté le maillot jusqu’à cette prestigieuse compétition. Il s’agit de situer les responsabilités et de tirer les leçons. Les dirigeants doivent accepter de regarder la réalité en face : *la principale responsabilité de cette déconfiture leur incombe, parce qu’ils étaient les mieux placés pour protéger l’ossature de l’équipe, renforcer l’effectif et préparer cette échéance historique.* L’AS ZAM avait conquis le droit de rêver à l’Afrique ; elle ne devait pas arriver sur ce continent avec les vestiges de l’équipe qui avait conquis ce rêve. Le 0-5 contre l’ASKO est donc bien plus qu’un simple résultat : c’est un avertissement sévère. Le football africain ne pardonne ni l’improvisation, ni l’imprévoyance, ni l’absence d’ambition.
*Baba Alpha*
